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Brigeou
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MessageSujet: 30 ans déjà   Mar 11 Mar - 13:22

Claude François "Cloclo" entre danse et paillettes
Ismaïla Egypte le 1er février 1939-Paris le 11 mars 1978




De Claude François, on gardera à jamais l'image d'un artiste intransigeant, aux costumes de paillettes étincelants et aux chorégraphies millimétrées. Chef de file du yé-yé, il fut l'interprète des plus grands succès des années 60 et 70 : Magnolias for ever, Belles belles belles, Alexandrie Alexandra, Le lundi au soleil, Comme d'habitude, Le téléphone pleure, ou encore le Mal aimé. Celui qui fut l'égal d'une Dalida soulevait des foules immenses. Pour lui, des milliers de femmes en pleurs mimaient en France l'hystérie collective que soulevaient les Beatles outre-manche. En pleine gloire, il disparaît tragiquement mais reste, près de vingt-cinq ans après sa mort, plus vivant que jamais.

Un enfant du soleil

Parce que son père est contrôleur du trafic sur le canal de Suez, Claude naît en Egypte, à Ismaïlia, près du lac Timsah, le 1er février 1939. Lui et sa grande sœur Josette suivront leurs parents, Aimé et Lucie, d'origine franco-italienne, au gré des mutations paternelles. Jeune homme, il vit une enfance rêvée, jusqu'à la nationalisation du canal en 1956, par le président Nasser. Expulsés, les François rejoignent la France et s'installent sur la côte d'Azur, tout d'abord à Marseille, puis à Monaco et à Nice. Ce changement rapide de situation pèse sur Aimé et altère sa santé. Claude, âgé de dix-sept ans, prend les rênes de la famille et se voit dans l'obligation de trouver très vite un emploi. Mais cela ne l'empêche pas de développer une passion pour la musique et la danse : piano, violon et batterie lui permettent de s'évader d'une vie devenue difficile.

Premier cachet

C'est ainsi que le jeune Claude débute à dix-huit ans aux percussions dans l'orchestre d'Aimé Borelli puis dans celui de Louis Frazio et plus tard, d'Olivier Despax. Malgré les remontrances de son père, Claude s'investit totalement dans cette voie artistique. Son charisme et sa beauté de jeune éphèbe le font connaître dans les milieux branchés de la nuit. C'est d'ailleurs dans une boîte de nuit qu'il rencontre une danseuse anglaise, Janet Woolcoot, qui deviendra sa femme en 1960 . Il y rencontre également Sacha Distel et Brigitte Bardot qui lui conseillent, de concert, de " monter " à Paris. Sans un sou, Claude quitte le soleil méditerranéen pour la grisaille parisienne en 1961, et découvre une capitale chamboulée par le rock et les yé-yé.

La vague des yé-yé

Profitant de la vague de succès de la génération Salut les copains, Claude enregistre un premier 45 tours Nabout twist, sous le pseudo de Koko, aux éditions Fontana. Ce twist arabe n'a aucun succès, à une époque friande de reprises de grands standards américains. Claude ne se laisse pas déstabiliser par cet échec, et, tout en abandonnant son nom de scène au profit de son vrai nom, sort un second 45 tours qui explose au Hit-Parade : Belles belles belles est le premier d'une longue série de tubes. Cette reprise des Everly Brothers sort quelques semaines après la mort de son père. Très affecté par ce décès (les deux hommes étaient brouillés depuis peu), le chanteur se lance avec encore plus d'acharnement dans le travail . Il scelle ainsi une réputation sulfureuse de bourreau du travail, intransigeant et inébranlable.

Un regard d'enfant pour un artiste exigeant

Une prestation scénique incomparable

Les premiers titres de Claude François sont ingénieusement des reprises américaines, très dansantes et à la base rythmique très simple. Dis-lui, Marche tout droit, ou Si j'avais un marteau (reprise du succès de Trini Lopez), fonctionnent parfaitement, mais c'est sur scène qu'il séduit le public. Ce jeune homme blond à l'apparence asexué est un danseur hors-pair, au look bon chic bon genre. La gente féminine succombe rapidement à son charme et participe à ses premiers succès. Cloclo s'approprie alors un public très jeune qui lui restera fidèle toute sa vie. En échange, il sacrifie sa vie à sa carrière. Nombreux sont les jeunes chanteurs qui ont tenté leur chance au début des années 60. Rares sont ceux qui sont encore présents aujourd'hui ou qui ont marqué leur époque. Pour y parvenir, Claude travaille nuit et jour, précipitant la faillite de son couple. J'y pense et puis j'oublie rappelle cet épisode douloureux de sa vie privée. Propriétaire désormais de sa somptueuse demeure de Dannemois, dans l'Essonne, Cloclo devient un véritable phénomène. 1964 est l'année de son premier Olympia, salle mythique dans laquelle il retourne dès 1965 pour enregistrer la célèbre émission Musicorama. Désormais, il s'accompagne sur scène des fameuses Clodettes, jeunes femmes superbes qui mettent en valeur, par leur tenue légère et leur chorégraphie parfaite, le personnage central du chanteur. Le spectacle de Claude François est un véritable feu d'artifice scénique dont la gaieté n'a d'égal que la rythmique envoûtante des chansons.



Le sommet de la gloire

L'entêtement avec lequel Claude mène chacune de ses entreprises, fait de lui, en cette année 1968, un homme comblé. Isabelle, sa nouvelle compagne, donne naissance à Claude Junior au mois de Juillet (Marc, son second fils, suivra l'année d'après). Séparé de sa maison de disques, il crée la maison Flèche et devient ainsi son propre producteur. Enfin, chacun de ses disque se vend par centaines de milliers et Cloclo devient, avec l'aide des radios et des télévisions, la vedette la plus médiatique de ces années 60. Un titre, particulièrement, sera à l'origine de cette gloire. Comme d'habitude, créé en 1968, devient avec les années une des chansons les plus mondialement interprétées (Presley, Paul Anka, Franck Sinatra ou encore les Sex Pistols, la chanteront en anglais, et feront de My Way un air aussi célèbre que l'Imagine de John Lennon). Chef d'entreprise, Claude ne se contente pas de mener les disques Flèche avec une main de maître, il produit aussi de jeunes artistes tels que Chamfort ou Juvet et commercialise un parfum. Il rachète également le magasine Podium, qui, à l'instar du célèbre Salut les copains, diffuse dans la presse écrite, les succès de la chanson auprès de la jeunesse. Rien ne l'arrête, ni le surmenage qui le guette, (il est victime d'une syncope sur scène à Marseille), ni un terrible accident de voiture dont il est victime en 1970.

L'homme à tout faire

Entre les tournées interminables dans le monde entier, son métier de producteur, sa vie privée et la promotion de ses nouveaux disques (Chanson populaire, Ca s'en va et ça revient,…) Claude François trouve le temps de racheter une agence de mannequins et un magasine érotique Absolu. Son goût immodéré pour les femmes assoie sa réputation de coureur de jupons. Exigeant, voire odieux avec ses collaborateurs, frivole, orgueilleux, acharné dans le travail, de nombreux traits de caractère ternissent sensiblement l'image du chanteur, si bien qu'il est parfois victime de sa réputation, comme lorsqu'un fan l'agresse lors d'un concert en 1973. Star immense, sa vie publique lui coûte très cher : d'un redressement fiscal à une tentative de meurtre, en passant par l'incendie de sa maison ou l'explosion d'un cocktail Molotov dans ses bureaux, Claude François vit sur le fil du rasoir. C'est encore un accident qui lui coûte la vie le 11 mars 1978. Alors qu'il triomphe sur les ondes avec Alexandrie Alexandra, il s'électrocute dans la baignoire de son domicile parisien. La mort précipite l'entrée de Cloclo dans la légende de la chanson, faisant de sa propriété de Dannemois un Graceland à la française, véritable lieu de pèlerinage. Des dizaines de milliers de personnes assistent à ses obsèques en l'Eglise d'Auteuil à Paris.

Véritable chef d'entreprise, marquant de son déterminisme et de sa rage de vaincre le monde de la chanson, Claude François a dirigé pendant presque vingt ans un empire culturel et musical. Avec Podium ou les disques Flèche, l'interprète Cloclo savait également se muer en impitoyable homme d'affaires. Belles belles belles, Le téléphone pleure, C'est de l'eau c'est du vent, Comme d'habitude, Je viens dîner ce soir, Je vais à Rio, ou encore Toi et moi contre le monde entier, font encore danser des millions de fans à travers le monde. Celui que la mort, tout comme Dalida quelques années plus tard, en 1987, a porté au firmament de la chanson populaire, reste associé à jamais à un art très visuel, pour lequel danse, chant, strass et paillettes se mêlent merveilleusement.

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